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"Parce qu'on se demande tous pourquoi cette année on devra porter des jupes étroites et pas de jogging en coton."

mardi 27 mars 2012

L'irrésistible envie de devenir veuve.

Francesca Marotta, c'est une "rencontre" comme les autres pour une collection qui, elle, ne l'est pas. Des guillemets à "rencontre" parce que finalement, nous n'avons fait que nous ajouter sur Facebook. Et puis quoi ? Ben, rien de spécial. Nous ne sommes pas devenus Best Friend Forever par e-mails interposés. On ne s'est peut-être même jamais parlé avant… la fashion week de Londres.

Les statuts déferlaient sur le réseau social et ça empestait le défilé en pleine préparation. Bon, nous, on ne s'affole pas, comme d'hab. On est un peu à la ramasse, comme d'hab, et ça nous tombe sur le coin de la tronche, comme d'hab. On a envie de mourir de stupéfaction ou plutôt, on a envie que quelqu'un meure. Parce que s’il y a mort, il y a enterrement, et s’il y a enterrement, il y a automatiquement Mademoiselle Francesca Marotta.
Une collection assassine, sous le ciel d'une Sicilienne en veuvage, remplie d'un travail excentrique typiquement anglais et d'un savoir-faire de la coupe exemplaire à consonance belge. Car la jolie Italienne a mixé ses origines, son passé et son présent pour nous servir un cocktail multiculturel unique, aussi chic que bandant.
Née dans la botte et les spaghetti, c'est dans les moules-frites qu'elle a grandi et chez les « Rosbifs » qu'elle trace sa voie, certainement contrainte vu l'attention que le plat pays porte à ses talents… Un beau mélange qui ne pouvait que dynamiter les conventions d'une mode qui n'a pas pour habitude de confronter le sang de ses origines.
Rassurez-vous, vous n'aurez pas besoin d'empoisonner votre mari pour vous délecter d'une silhouette de cette incroyable Européenne. C'est un soir corsé de sexyness qu'elle propose, pas une invitation au meurtre (quoique nous ne serions pas étonnés qu'il y ait des meurtres pour se procurer l'une de ses créations). Une libération du corps féminin vers la jouissance de ses attributs les plus intimes pour une séduction ultime. Quand la créatrice se lance dans l'interprétation de sa veuve sicilienne, elle pense d'abord à la perte du bien-aimée comme à une fête, elle pense à l'après… Sa femme enchaînera les cocktails mondains pour retrouver la bague au doigt, jouant d'un charme suave rarement osé précédemment. 
Car là est le point fort de ses silhouettes : si la transparence est dans l'air du temps, Marotta la joue à fond, pas question de demi-mesure. Il y en a partout et parfois même en total look. Si on ne veut pas en abuser, elle se faufilera en voile ou par touches sur des bras coquins, en gilet indécent, en résille sur des jambes insolentes. L'obsession pour cet ADN évident y est travaillée en tout point, jusqu'au bout ! Broderie, dentelle, tulle racé ou plumetis improbables, Francesca Marotta se contraint à la perfection des détails travaillés. Bon point.
Même s’il est évident que ce code exprimé sans concessions est une marque de fabrique propre et reconnaissable qui aurait pu être sa signature, elle ne s'arrête pas en si bon chemin. La créatrice propose aussi des looks plus sobres, allant des pantalons et jupes où le travail de coupe sur des matières hybrides est intransigeant, des fois avec des ailerons incongrus, parfois boules pour les jupes, souvent fluides pour les pantalons, suivi par une combi en soie impeccable, jusqu’aux manteaux et robes portefeuilles au noir tout-puissant.
Le problème est peut-être là ! La folie italienne s'est emparée d'une collection qui propose trop de choix. Peut-être que la créatrice a besoin d'un axe créatif plus radical mais l'audace d'un tel panel aujourd'hui nous donne tout de suite l'envie de savoir quelle sera alors le focus de demain. Ce qui est certain, c'est que mademoiselle Marotta ose ce que beaucoup d'autres ne font pas : aller jusqu'au bout, jusqu'à l'extrême de ses idées. On en redemande parce qu'il est bon de savoir qu'une femme peut encore imaginer proposer à sa cliente de se dévoiler au-delà de la raison, simplement par pur esprit de séduction. C'est ça, le féminisme : clouer le bec des puritains ! Assumer ce corps, don de la nature ! Et ça, Francesca Marotta en a fait la parfaite démonstration ici. MERCI.


Bien à vous.

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